L’Union des Écrivains Congolais (UECO), appuyée par des acteurs du livre et la communauté intellectuelle, a lancé, ce 06 Août, une pétition de protestation après l’incendie volontaire de milliers d’ouvrages par le Service National. Un appel à signature est en cours dans le cercle littéraire et intellectuel de la République Démocratique du Congo.

Le 03 Août dernier, le Service National, via ses agents sur terrain ont brûlé des nombreux livres des bouquinistes au niveau du Pont Cabu, un carrefour à Lola croisé des plusieurs communes de Kinshasa. Après que les vidéos aient fait le tour de la toile, encre et salive ont coulé avec des messages d’indignation.
Sous prétexte d’assainissement de la voie publique, des manuels scolaires, œuvres littéraires et documents scientifiques ont été réduits en cendres. Un acte qualifié d’autodafé par les signataires, qui rappellent qu’un drame similaire avait déjà frappé les bouquinistes de la Gombe en 2013, avec la destruction de plus de 30 tonnes de livres rares et historiques.
Les revendications de la pétition
Les signataires exigent des mesures immédiates et durables :
- Indemnisation intégrale : mise en place d’une commission pour recenser les bouquinistes victimes et compenser leurs pertes.
- Reconnaissance juridique : octroi d’un statut officiel protégeant ce métier essentiel.
- Espaces dédiés : création de marchés du livre et kiosques modernes sécurisés pour éviter les ventes à même le sol.
- Grande Librairie Publique : construction d’infrastructures de lecture à Kinshasa et dans les provinces.
- Soutien structurant : mise en place d’un fonds d’appui pour écrivains, éditeurs, libraires et bouquinistes congolais.
Un enjeu culturel et citoyen
Les bouquinistes, souvent les seuls gardiens d’ouvrages rares et introuvables, jouent un rôle vital dans l’accès démocratique à la lecture dans une ville où les bibliothèques publiques se comptent sur les doigts d’une main. Pour les signataires, « le livre n’est pas une ordure ; il est la lumière et la mémoire d’une nation ».
La pétition appelle les autorités à transformer ce drame en opportunité pour refonder une véritable politique nationale du livre et protéger durablement les acteurs de ce secteur.
La pétition peut être signée via ce lien : https://c.org/jpBSmy5th2