RDC : La marche de la C64 sous tension, autorisée à Kinshasa mais interdite dans plusieurs provinces

La marche pacifique annoncée par la Coalition de l’opposition C64 (Article 64) contre tout projet de révision constitutionnelle s’est déroulée ce mardi 15 septembre 2026 dans un climat contrasté à travers la République démocratique du Congo, marqué par un important dispositif sécuritaire.

À Kinshasa, une mobilisation encadrée

Dans la capitale, la marche a été autorisée, mais son itinéraire a été modifié par l’Hôtel de Ville. Le point de chute initialement prévu devant le Palais du Peuple a été délocalisé devant le siège de l’ECiDé, sur le boulevard Triomphal, en face du Stade des Martyrs.

Deux itinéraires avaient été prévus par les organisateurs : de l’Échangeur de Limete à Lumumba et Sendwe, ainsi que du rond-point Moulaert à Kasa-Vubu jusqu’au boulevard Triomphal.

En matinée, plusieurs centaines de militants des partis ECiDé, Ensemble pour la République, LGD et Alliance pour le Changement se sont rassemblés à l’Échangeur de Limete et à Bandalungwa, au niveau du pont Makele, avant de se diriger vers Moulaert.

La police, sous la conduite du commissaire provincial Israël Bankulu Kantu, était fortement déployée sur plusieurs points stratégiques. Les activités se sont toutefois poursuivies normalement dans plusieurs quartiers de la capitale.

En provinces, interdictions et dispersionsLe scénario a été différent dans plusieurs provinces. Dans plusieurs villes, les manifestations ont été interdites par les autorités provinciales, qui ont invoqué des raisons liées au maintien de l’ordre public.

À Kindu, dans le Maniema, aucune marche n’a finalement eu lieu. Un important dispositif policier a été déployé devant les sièges de plusieurs partis de l’opposition ainsi qu’aux domiciles de certaines figures de l’opposition, dont le député provincial Florent Choma. Douze militants avaient par ailleurs été interpellés le 12 septembre lors d’une campagne de sensibilisation.

À Matadi, dans le Kongo-Central, des centaines de militants se sont rassemblés au rond-point Simon Kimbangu avec l’intention de se rendre à l’Assemblée provinciale pour y déposer un mémorandum. Ils ont toutefois été empêchés par les forces de l’ordre.

À Bandundu, la mairie avait, dans une correspondance datée du 14 septembre, demandé le report de la marche de la C64 à une date ultérieure, invoquant l’atmosphère politique du moment. Malgré cette demande, des militants se sont rassemblés mardi matin avant d’être dispersés par la police sur le boulevard du 21-Novembre.

À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, la coalition avait maintenu son appel malgré l’interdiction de la mairie. La marche a été dispersée et une vingtaine d’arrestations ont été signalées. Plusieurs blessés ont également été rapportés par l’opposition.

À Mbandaka, dans l’Équateur, une dizaine d’interpellations ont été signalées au rond-point Ndeke, tandis qu’à Kisangani, dans la Tshopo, la mobilisation a été bloquée.

À Gemena, dans le Sud-Ubangi, les autorités ont interdit la marche après la déclaration d’une épidémie à virus Ebola le 12 septembre.

Entre une capitale où la marche a pu se tenir sous encadrement et des provinces où les manifestations ont été interdites ou dispersées, cette journée du 15 septembre illustre les tensions persistantes autour de la question constitutionnelle en RDC, entre l’opposition qui entend défendre l’ordre constitutionnel et les autorités qui mettent en avant la préservation de l’ordre public.

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