Dialogue National Inclusif : Martin Fayulu insiste sur la participation de Kabila et Nangaa

Alors que le débat autour de la mise en place d’un dialogue national inclusif prend progressivement de l’ampleur en République Démocratique du Congo, l’opposant Martin Fayulu plaide pour une participation la plus large possible des acteurs politiques congolais.

S’exprimant en Belgique devant les membres de l’ECiDé de la diaspora congolaise, Martin Fayulu a notamment insisté sur la nécessité d’associer Joseph Kabila et Corneille Nangaa au processus de dialogue national inclusif.

Pour le président de l’ECiDé, aucune de ces deux personnalités ne devrait être écartée d’un éventuel processus de dialogue. Il estime que leur parcours et leur rôle dans l’histoire politique récente de la RDC constituent des éléments à prendre en considération dans une démarche visant à rechercher la cohésion nationale.

Dans son argumentaire, Martin Fayulu met en avant les responsabilités exercées par les deux personnalités.
Joseph Kabila a dirigé la République démocratique du Congo pendant près de deux décennies. Son passage à la tête de l’État en fait, aux yeux de Fayulu, un acteur incontournable de l’histoire politique récente du pays. Et,
Corneille Nangaa, de son côté, a dirigé la Commission électorale nationale indépendante (CENI), notamment lors du processus électoral de 2018. Son ancien rôle à la tête de l’institution chargée de l’organisation des élections lui confère également, à l’en croire, une place dans la compréhension des dynamiques politiques et électorales ayant marqué le pays. Les exclure d’un dialogue présenté comme inclusif pourrait donc, selon cette position, affaiblir la portée même de cette initiative.

Le Commandant du peuple estime que la recherche de la cohésion nationale suppose de réunir autour de la même table des acteurs aux parcours, aux responsabilités et aux positions parfois profondément opposés.

La participation de Kabila et Nangaa constituerait ainsi, dans cette lecture, non pas nécessairement une reconnaissance de leurs positions actuelles, mais une volonté d’élargir le cadre de discussion.

Cette revendication intervient toutefois dans un climat politico-judiciaire particulièrement sensible. Joseph Kabila et Corneille Nangaa font l’objet de condamnations prononcées par la justice congolaise, avec notamment des condamnations à mort. Cette situation soulève une question complexe quant à leur éventuelle participation à un processus politique national.

La position défendue par Martin Fayulu met ainsi en lumière un dilemme auquel pourrait être confronté tout processus de dialogue national.

D’un côté, l’objectif de cohésion nationale peut pousser à rechercher la participation du plus grand nombre, à décrisper les tensions et à éviter l’exclusion de figures importantes de l’histoire politique récente.

De l’autre, le respect de la justice et des procédures judiciaires constitue un principe fondamental de l’État de droit.

Alors que Félix Tshisekedi a annoncé son intention de revenir devant la nation afin de préciser les contours et les orientations du dialogue national inclusif, les prises de position des différents acteurs commencent à dessiner les contours des attentes politiques.

La réponse dépendra notamment de la définition des critères de participation et de la manière dont seront conciliées les exigences de cohésion nationale avec celles liées au respect des décisions de justice.

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