Contraception en RDC: Ruth Yile Tankoy plaide pour une information fiable afin de protéger l’avenir des jeunes filles

À l’occasion de la Journée mondiale de la contraception célébrée ce 26 septembre, Ruth Yile Tankoy, médecin stagiaire et coach en santé sexuelle et reproductive à la Fondation Thalia Malko, appelle à briser les tabous autour de la contraception en RDC pour mieux protéger le parcours des adolescentes.

À l’heure où les grossesses non planifiées continuent de bouleverser le parcours de nombreuses adolescentes en République démocratique du Congo, l’accès à une information fiable reste un enjeu majeur.

Médecin stagiaire en RDC, coach en santé sexuelle et reproductive depuis 2024 au sein de la Fondation Thalia Malco et coordonnatrice provinciale à Kinshasa, Ruth Yile Tankoy fait de la sensibilisation des jeunes filles son combat.

Pour elle, les grossesses non planifiées entraînent souvent l’interruption des études et compromettent les projets d’avenir.

« Notre combat est de permettre à chaque fille de disposer des informations et des moyens nécessaires pour décider librement et de manière éclairée du moment où elle souhaite avoir un enfant », déclare-t-elle.

Sur le terrain, elle pointe le manque d’informations fiables et adaptées. Peu d’adolescentes connaissent les différentes méthodes, leur fonctionnement ou leurs effets secondaires. Les mythes et préjugés persistent.

« Notre véritable défi est de remplacer la peur et les idées reçues par une information juste, afin que chaque jeune fille puisse faire un choix libre et éclairé », insiste-t-elle.

Face aux adolescentes qui n’osent pas aborder le sujet en famille, la Fondation privilégie l’écoute, l’information et l’orientation vers des structures adaptées, sans jamais prescrire à la place des professionnels.

La confidentialité et un accueil sans jugement sont, selon elle, essentiels.Autre obstacle: le coût. Si des services gratuits ou à moindre coût existent, l’accessibilité reste limitée par la distance, la peur de la stigmatisation et la qualité de l’accueil.

« Une méthode peut être gratuite, mais si une jeune fille a peur d’être stigmatisée, si le centre est trop éloigné ou si elle ne bénéficie pas d’un accueil respectueux, elle risque de ne pas y recourir », explique-t-elle.

Ruth Yile Tankoy plaide aussi pour impliquer les garçons et les hommes, sans pression: « Le choix d’une méthode doit respecter le consentement, la santé et l’autonomie de la personne qui l’utilise ».

En cas d’effets secondaires, elle recommande de consulter un professionnel avant d’arrêter une méthode et de consulter en urgence en cas de symptômes graves: douleur thoracique, difficulté respiratoire, mal de tête soudain et intense.

« Parler de contraception, ce n’est pas encourager les jeunes à adopter des comportements irresponsables; c’est leur donner les moyens de comprendre leur corps, de protéger leur santé et de construire leur avenir en connaissance de cause », conclut-elle.

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