Chaque mois d’octobre, le monde se pare de rose pour rappeler l’urgence de la lutte contre les cancers féminins. En République démocratique du Congo, cette campagne prend une dimension particulière : elle met en lumière les inégalités criantes d’accès aux soins et la fragilité d’un système de santé qui peine encore à répondre aux besoins des femmes.

Nous sommes d’avis qu’elle doit devenir un véritable levier de prévention, car c’est aussi là que se joue la différence entre la vie et la mort. Le cancer du sein et celui du col de l’utérus figurent parmi les principales causes de mortalité féminine en RDC.
Chaque année, de nouvelles patientes sont diagnostiquées, souvent à un stade avancé, faute de dépistage précoce. Chaque retard dans le diagnostic réduit les chances de guérison et alourdit le coût des traitements.
Derrière ces statistiques se cachent des vies brisées, des familles endeuillées et une société qui perd une partie de sa force vive.La prévention, première arme.
La campagne Octobre Rose doit insister sur des gestes simples et accessibles :
– l’auto-examen ou l’auto-palpation régulière des seins afin de détecter toute anomalie ;
– les consultations médicales régulières pour un suivi adapté ;
– la vaccination contre le HPV, principale cause du cancer du col de l’utérus ;
– le dépistage dans les centres de santé et structures hospitalières disponibles, afin de réduire les barrières financières.
La prévention n’est pas seulement un acte médical : c’est une culture à instaurer dans les familles, les écoles et les communautés. Il faut en parler, expliquer, sensibiliser et surtout rappeler ces messages encore et encore, chaque fois que cela est possible. La prévention ne doit pas s’arrêter à la fin du mois d’octobre.
La question de l’accèsLa campagne Octobre Rose ne peut se limiter à une sensibilisation symbolique. Elle doit s’accompagner de mesures concrètes : dépistage accessible, formation du personnel médical, mise à disposition d’équipements adaptés et accompagnement psychologique des patientes.
La santé des femmes ne peut être un privilège réservé à celles qui en ont les moyens. Elle est un droit fondamental. L’État, les partenaires internationaux et la société civile doivent œuvrer à garantir un accès équitable au dépistage et aux soins. Les rubans roses ne suffisent pas ; il faut des budgets, des infrastructures et une volonté politique à la hauteur de l’urgence.
En tant que média, Tribune 26 Info considère Octobre Rose comme un révélateur : révélateur des inégalités, des urgences sanitaires et de la nécessité d’un changement de paradigme. Nous appelons à une mobilisation nationale pour que chaque femme, où qu’elle vive, puisse accéder à un dépistage et à une prise en charge dignes.
Au-delà du symbole, Octobre Rose est une question de prévention, de justice sanitaire et de droit à la vie. Tribune 26 Info s’engage ainsi à mettre en lumière les différentes initiatives qui contribuent à cette campagne, mais surtout celles qui favorisent concrètement la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge des femmes touchées par ces cancers.