Lors de sa conférence sur l’entrepreneuriat tenue le 16 octobre 2026 à l’Université pédagogique nationale (UPN), le sénateur Gentiny Ngobila Mbaka est revenu sur l’un des dossiers emblématiques de son passage à la tête du gouvernorat de Kinshasa : la construction du Grand Marché de Zando. L’entrepreneur et acteur économique de carrière est revenu sur ce dernier avec un air serein et calme pour en expliquer les tenants et les aboutissants.

Il était question pour le sénateur de rebondir sur les éléments qui ont été cités lors de sa présentation. Le maître de cérémonie avait explicitement énuméré les réalisations de Gentiny Ngobila Mbaka lorsqu’il était à la tête de la ville de Kinshasa. Et, parmi les infrastructures qui ont marqué la salle, se trouvait bien évidemment le Grand Marché de Kinshasa, communément appelé Zando.
« J’ai suivi ici, [le maître de cérémonie] parlait du Grand Marché. Et vous vous rappelez de cet épisode, avant de casser le marché, tout le monde disait : “Ngobila a vendu le marché aux Libanais”. Et voilà, nous avons fini par le construire et nous l’avons achevé depuis octobre 2023, et tout ce qui restait, à l’époque où je quittais la ville, c’était l’aménagement de toutes les avenues tout autour », a-t-il déclaré sans mâcher ses mots.
Le sénateur élu de Kinshasa a décrié le retard dans l’ouverture du Grand Marché pour le bien des Kinois. Et cela, d’un ton qui a laissé apparaître son mécontentement concernant ce méga-projet de son mandat à la tête de la ville.
« Nous l’avons construit en deux années et ça fait trois ans que nous sommes partis de la ville et le Grand Marché n’est toujours pas ouvert », a-t-il dit d’un air triste, avant d’ajouter que « ce n’est pas l’argent qui manque »
.Dans ce registre, l’acteur économique et politique congolais a mis en exergue un autre exploit de son mandat à la tête de la ville que peu de gens connaissent réellement. Il est revenu sur les fonds qu’il a trouvés et ceux qu’il a laissés dans les caisses de la ville après son travail sérieux, dont les traces sont palpables.
« Quand j’ai quitté la ville de Kinshasa, […] rien que dans un compte séquestre qui m’a permis de construire le Grand Marché […] j’ai laissé 35 millions d’euros dans un seul compte, sans compter les autres, donc environ 42 millions de dollars », a comptabilisé le sénateur devant les étudiants de la Colline fertile.
Le sénateur a mis en opposition deux situations différentes : son arrivée et son départ. Il a affirmé, dans la salle K2, qu’à son arrivée à la tête de la ville de Kinshasa, en avril 2019, il avait « trouvé un endettement odieux, dans tous les comptes de la ville au niveau des banques ». Il a parlé d’un endettement de plus de 67 millions de dollars américains dans tous les comptes bancaires de la ville. Et il est revenu sur ce qu’il a laissé à son départ.
Président de l’Alliance des Congolais progressistes, le sénateur Ngobila Mbaka, dans sa peau d’entrepreneur, a expliqué comment il a pu pallier ce problème de dette et laisser des fonds d’investissement dans les caisses de Kinshasa.
« J’ai fait ce qu’on appelle de l’ingénierie financière. Je mettais chaque mois dans ce compte [séquestre] 800 000 euros, donc l’équivalent d’un million de dollars, pour me garantir dans la construction du Grand Marché. Et en même temps, par rapport à ma vision, cet argent constituait ce qu’on appelle le fonds d’investissement pour la ville de Kinshasa. Donc, avec cet argent, on pouvait construire beaucoup d’autres investissements structurants », a avancé le docteur honoris causa de l’Université catholique Omnia Omnibus.
Visiblement déçu, l’ancien gouverneur de la ville de Kinshasa n’a pas voulu en dire plus sur ce qu’il est advenu de cet argent après son départ. Pour lui, ce fonds d’investissement n’a pas été utilisé conformément aux objectifs de sa mobilisation.
« Cet argent existait, mais aujourd’hui, il est tout simplement dilapidé pour faire autre chose », a-t-il conclu cette page de l’histoire du Grand Marché de Kinshasa, avant de revenir à sa conférence sur l’entrepreneuriat et de donner de nombreux conseils aux étudiants de l’Université pédagogique nationale.
Les déclarations du sénateur Gentiny Ngobila Mbaka, élu de la ville de Kinshasa, relancent le débat sur la gestion des ressources publiques et sur l’avenir du marché de Zando, considéré comme un poumon économique de la capitale. Ses mots illustrent bien que la transparence et la rigueur dans l’utilisation des fonds publics demeurent des conditions essentielles pour mener à bien des projets structurants au bénéfice de la population.
Soulignons ici que, lors de cette conférence organisée par la structure Je suis Ngobila par Conviction (JNC), en collaboration avec Bomoko University et la Coordination des étudiants de l’Université pédagogique nationale, le sénateur ne s’est pas contenté d’enseigner, mais surtout d’inspirer à travers son parcours. Entrepreneur, Homme politique, Acteur économique et Homme d’État, il a entendu des étudiants défiler pour présenter leurs projets et en a retenu cinq qui vont bénéficier d’un financement de sa part.