Les acteurs des médias, de la justice et de la sécurité se sont réunis autour d’une même table pour défendre l’État de droit à l’ère numérique. Une table ronde nationale s’est tenue ce lundi 12 octobre 2026 au Cercle de Kinshasa, à l’initiative du ministère de la Communication et Médias, en partenariat avec les ministères de la Justice et de l’Intérieur ainsi que l’organisation Journaliste en danger (JED).

Au cœur des échanges : la sécurité des journalistes et l’application de l’ordonnance-loi n° 23/009 sur la presse et du Code du numérique, face à la désinformation et aux impératifs de sécurité nationale.
À l’ouverture des travaux, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a lancé l’alerte : « C’est le métier même de journaliste qui est en danger aujourd’hui face à l’apparition de nouveaux acteurs et aux dérives sur les réseaux sociaux ».
Très attendu, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a insisté sur trois exigences : protéger la liberté de la presse, responsabiliser les journalistes et préserver l’État de droit en ligne.
Rappelant les articles 23 et 24 de la Constitution, il a affirmé que « la liberté de la presse n’est ni une faveur, ni une simple tolérance administrative », tout en soulignant qu’elle doit s’exercer dans le respect de la dignité humaine et de la présomption d’innocence.
Le Garde des Sceaux a également mis en garde contre la « justice des réseaux sociaux ». « Les réseaux sociaux ne sont pas des tribunaux, leurs utilisateurs ne sont pas des juges, et la viralité d’une accusation ne saurait tenir lieu de preuve », a-t-il déclaré.
Guillaume Ngefa a par ailleurs précisé qu’une erreur journalistique ne constitue pas automatiquement une infraction pénale. Il a appelé à privilégier les mécanismes de rectification, tout en rappelant un principe fondamental :
« Rendre compte d’une procédure relève de la liberté d’informer ; déterminer la culpabilité relève de la compétence du juge. Ne prononcez pas déjà le jugement dans vos articles ! »