Après le « Bombé » et le « Bozaï », un nouveau phénomène fait son apparition dans certains milieux de jeunes à Kinshasa. Dénommé « Mpuku amemi congélateur [Ndlr. Une souris qui transporte le congélateur] », ce mélange de produits pharmaceutiques et de boissons suscite l’inquiétude en raison de ses effets particulièrement désorientants.

Le phénomène serait d’abord apparu dans la province du Kongo Central, notamment dans l’axe Mbanza-Ngungu–Kisantu, avant de gagner progressivement certains quartiers de Kinshasa ces derniers jours.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur cette pratique, des jeunes mélangeraient différents produits pharmaceutiques à des boissons ou jus conditionnés dans des bouteilles en plastique. La préparation, de ce fameux « Mpuku amemi congélateur », serait ensuite consommée à la manière d’une boisson alcoolisée.
Les effets rapportés après consommation sont particulièrement préoccupants. Certains consommateurs seraient pris de vertiges, d’étourdissements et d’une forte somnolence, avec parfois une perte apparente de contrôle de leurs mouvements et de leur environnement. Ces manifestations pourraient, selon les témoignages, se prolonger pendant plusieurs heures.



Dans certaines scènes rapportées par des témoins, des jeunes apparaissent debout mais incapables de réagir normalement, tandis que d’autres semblent complètement désorientés ou s’endorment brusquement.
La composition exacte du « Mpuku amemi congélateur » reste à établir officiellement. Il est donc prématuré d’attribuer avec certitude ses effets à une substance précise sans analyse toxicologique des produits utilisés.
Le mélange de médicaments en dehors de tout cadre médical constitue néanmoins un risque sérieux. Certaines associations de substances peuvent provoquer des effets imprévisibles, notamment une somnolence importante, des troubles de la conscience ou d’autres complications potentiellement graves.
Face à cette situation, l’identification des produits utilisés, leur analyse en laboratoire et la sensibilisation des jeunes apparaissent nécessaires pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène et prévenir d’éventuelles conséquences dramatiques.
Cette nouvelle pratique intervient alors que les autorités et différents acteurs de la société civile alertent déjà sur la consommation de substances psychoactives chez les jeunes en République démocratique du Congo. Après le « Bombé » et le « Bozaï », l’émergence du « Mpuku amemi congélateur » relance ainsi la question de l’accès des jeunes à certains produits pharmaceutiques et de leur détournement à des fins récréatives.
Au-delà d’un simple phénomène de mode, la situation constitue un nouveau signal d’alerte. Parents, éducateurs, professionnels de santé et autorités sont appelés à renforcer la sensibilisation et la vigilance afin d’éviter que cette pratique ne se banalise et ne fasse davantage de victimes.
À Kinshasa comme au Kongo Central, le « Mpuku amemi congélateur » apparaît désormais comme un phénomène à surveiller de près, en attendant que les autorités compétentes établissent clairement sa composition, ses effets et son niveau réel de dangerosité.