Dialogue National : « Pour un forum véritablement inclusif, il faut remettre la RDC sous l’arbre à palabre » (Tribune de Aimé Parsiècle)

Depuis l’annonce du Dialogue National par le Président Tshisekedi plusieurs voix se sont levées pour proposer la forme et le format. Ce 20 septembre 2026, Aimé Parsiècle, un libre penseur, a livré une réflexion profonde sur l’avenir de la République Démocratique du Congo. Dans un texte incisif, il rappelle que la paix ne peut s’imposer par la force ni par l’exclusion, mais qu’elle doit se construire par un dialogue sincère et total.

Pour lui, le modèle ancestral de l’arbre à palabre doit être ressuscité à l’échelle nationale afin de rassembler toutes les voix – politiques, civiles, diasporiques et même rebelles – autour d’un projet commun. Son appel est une invitation à refonder le vivre‑ensemble congolais, en vérité et en justice, pour que le pays cesse d’être prisonnier de ses divisions et retrouve la voie de la réconciliation. Voici donc sa Tribune.

Pour un dialogue véritablement inclusif : remettre la RDC sous l’arbre à palabre

La paix sociale ne se décrète pas. Elle ne s’impose pas par les armes, ni par les tribunaux, ni par les exclusions. Elle se construit. Et en RDC, elle ne pourra se construire que d’une seule manière : en ramenant tout le monde sous l’arbre à palabre.

Notre pays est malade de ses divisions. Trop longtemps, nous avons cru que l’on pouvait redresser le Congo en laissant une partie des Congolais dehors. Trop longtemps, nous avons pensé que la paix viendrait en muselant, en exilant, en condamnant, en effaçant. L’histoire nous a montré le contraire. Chaque exclusion a produit une nouvelle rébellion. Chaque silence imposé a préparé le prochain bruit des armes.

Aujourd’hui, l’urgence n’est plus de savoir qui a raison contre qui. L’urgence est de convenir ensemble de l’avenir. Nul ne peut être exclu.

Un dialogue inclusif ne peut pas être un dialogue à moitié. Si l’on veut le bon vivre ensemble, il doit être total, sincère, sans tabou et sans filtre. Cela veut dire que tout le monde doit se retrouver autour de la table, à savoir :

  1. Les acteurs politiques internes, majorité comme opposition.
  2. La société civile dans toute sa diversité : églises, mouvements citoyens, femmes, jeunes.
  3. La diaspora politique, intelligence dispersée à travers le monde.
  4. Les exilés politiques et condamnés par contumace.
  5. Les rebelles, non pour légitimer la violence, mais parce que la paix se construit avec ses adversaires.

Le Congo a besoin de tout le monde. De chaque bras, de chaque cerveau, de chaque cœur.

L’arbre à palabre, notre modèle

Nos ancêtres avaient compris ce que la politique moderne a oublié : sous l’arbre à palabre, il n’y a pas de petit et de grand. Chacun parle. Chacun est écouté. On ne coupe pas la parole, on cherche le consensus. On ne cherche pas un vainqueur, on cherche une voie commune.

C’est ce modèle que nous devons ressusciter à l’échelle nationale. Un dialogue où l’on discute, où l’on échange vraiment, où l’on se dit les vérités, même celles qui fâchent. Sur la gouvernance, sur la Constitution, sur la sécurité à l’Est, sur le partage des richesses, sur la justice, sur la nationalité, sur tout ce qui nous divise depuis 1960.

Il ne s’agit pas d’impunité. Il s’agit de vérité, de justice et de réconciliation. Il ne s’agit pas d’effacer les fautes, mais de permettre à la Nation de se regarder en face pour mieux se pardonner et se projeter.

Le redressement de la RDC ne viendra pas d’un seul homme, d’un seul parti, d’une seule tribu ou d’une seule région. Il viendra de la rencontre de tous les Congolais. Le pays est trop grand, trop riche, trop blessé pour être confié à une partie seulement de ses enfants.

Remettons le Congo sous l’arbre à palabre. Sans exclusion. Sans condition préalable qui est en réalité une exclusion déguisée. Parlons‑nous. Écoutons‑nous. Convenons de l’avenir. Car personne d’autre ne viendra redresser ce pays à notre place. Le pays va mal !

La tribune d’Aimé Parsiècle, publiée ce 20 septembre, se conclut par un appel vibrant à la responsabilité collective : remettre la RDC sous l’arbre à palabre. Pour lui, seule une rencontre sincère et inclusive de toutes les forces vives – politiques, civiles, diasporiques et même rebelles – permettra de bâtir un avenir commun.

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