ESU : trois ans d’attente pour ses documents académiques, une ancienne étudiante de l’UPN lance l’alerte

Les dossiers académiques et les diplômes universitaires restent un véritable parcours du combattant pour certains étudiants et anciens étudiants congolais.

Si certains quittent leurs établissements sans avoir récupéré leurs documents, d’autres doivent multiplier les démarches et attendre plusieurs années avant de les obtenir. C’est le cas de Mwanda Ngudia Mylène, ancienne étudiante de l’Université pédagogique nationale (UPN), qui dénonce trois années de démarches pour constituer son dossier académique.

Ce lundi 14 septembre 2026, Mwanda Ngudia Mylène, diplômée en réseaux informatiques à l’UPN depuis 2017, a publié un témoignage en ligne dans lequel elle dénonce les lenteurs administratives auxquelles elle dit avoir été confrontée pour obtenir ses documents académiques.

Selon son témoignage, après ses études, elle n’avait reçu qu’une attestation de scolarité, document qui lui aurait notamment permis de décrocher son premier emploi à Kananga en décembre 2017.

Elle affirme avoir utilisé cette attestation comme principal document académique pendant plusieurs années, jusqu’en 2023, année au cours de laquelle elle a entrepris les démarches pour récupérer son dossier complet.

En 2023, une note circulaire du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), signée par l’ancien ministre Muhindo Nzangi, accordait aux anciens étudiants une période de régularisation de quatre mois pour l’obtention de leurs diplômes.

Mylène affirme avoir saisi cette occasion et entamé les démarches, en engageant environ 100 dollars américains pour compléter son dossier.

Elle dit avoir rapidement été confrontée à plusieurs difficultés administratives, notamment à la distinction entre les bulletins établis par le Département de mathématiques-informatique et les relevés de notes délivrés par la Faculté des sciences.

Selon elle, les relevés de notes ne seraient délivrés qu’après l’obtention des bulletins du département, ces derniers servant également de référence pour leur établissement.

Trois ans de démarches, toujours sans issueMalgré ses démarches, Mylène affirme avoir dû attendre plusieurs années avant d’obtenir certains documents.

Le dernier bulletin de deuxième année de licence (L2) aurait finalement été imprimé le 13 avril 2026, soit près de trois ans après le début de ses démarches, moyennant, selon elle, des frais supplémentaires de 10 dollars.

En juin 2026, elle affirme avoir également payé les frais liés à l’établissement de ses relevés de notes auprès de la Faculté des sciences, mais dit être toujours dans l’attente de leur délivrance.

« Trois ans pour obtenir un dossier académique complet, c’est beaucoup trop long », déplore-t-elle dans son témoignage.

À travers son expérience, l’ancienne étudiante met en cause ce qu’elle considère comme des dysfonctionnements administratifs : manque de visibilité sur les délais, absence de mécanisme clair de suivi des dossiers et difficultés à obtenir des réponses concernant l’évolution des démarches.

Un appel aux autoritésFace à cette situation, Mylène interpelle la ministre de l’ESU, Prof. Dr Sombo Ayanne Safi Marie-Thérèse, ainsi que les autorités universitaires. Elle plaide notamment pour des procédures administratives plus claires et plus rapides, un mécanisme permettant aux demandeurs de suivre l’évolution de leurs dossiers et une meilleure prise en compte des urgences professionnelles et personnelles des anciens étudiants.

Le cas de Mylène soulève plus largement la question des conditions dans lesquelles certains étudiants et anciens étudiants congolais obtiennent leurs documents académiques après leurs études.

Si son témoignage ne permet pas, à lui seul, de tirer des conclusions générales, il met en lumière une situation qui mérite d’être examinée.

Des questions demeurent toutefois : combien d’anciens étudiants rencontrent les mêmes difficultés ?

Quels sont les délais officiels pour la délivrance des documents académiques ?

Quelles sont les procédures réellement appliquées dans les établissements ?

Et surtout, existe-t-il des mécanismes de recours lorsque les délais deviennent excessivement longs ?

Notre rédaction entend poursuivre les investigations afin de recueillir les témoignages d’autres anciens étudiants et d’obtenir les explications des autorités universitaires concernées. L’objectif est de comprendre les causes de ces lenteurs et de contribuer à la recherche de solutions.

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