Ce samedi 10 octobre 2026, le quartier Bon Vent, dans la commune de Lingwala à Kinshasa, a accueilli la 4ᵉ édition du Festival Karibu RDC. Une édition dénommée « MBA » en hommage à des personnalités culturelles, politiques et sportives du Congo qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à la culture et à l’histoire nationale. Cette cérémonie haute en couleurs a mis en avant la paix, l’unité et la cohésion nationale dont la République démocratique du Congo a besoin.

Organisé dans la capitale congolaise, siège des institutions et mégapole de la culture nationale, l’événement a rassemblé artistes, créateurs, entrepreneurs et publics autour d’une programmation riche, mêlant spectacles et débats sur la culture congolaise et la paix. Au cours de cette édition, les participants ont mis en avant l’importance de l’innovation et de la créativité comme leviers de développement.
Culture et Paix : Deux panels riches en contenus
Les panels de cette quatrième édition ont permis d’aborder deux thématiques principales : la culture et la paix. Dans le premier panel, animé par Monsieur Nera Chanera Kanyinda, il a été question de la culture.
Le psychologue social des organisations a tenu à faire comprendre aux participants la meilleure manière de définir la culture et surtout les raisons pour lesquelles les Congolais doivent être fiers d’avoir quatre langues nationales et une panoplie de dialectes.
« Lorsqu’on arrive à promouvoir la culture, […] Il faut savoir que c’est l’ensemble des principes et des normes qui nous caractérisent. Chaque cadre, chaque contexte a ses éléments qui constituent sa culture. […] En RDC, où nous avons quatre grandes régions linguistiques, il faut être fier de cela et il faut savoir que nos quatre appartenances linguistiques font partie de notre culture. » a‑t‑il dit dans son exposé.
Il a continué en invitant les participants à aller se faire consulter pour ce qui est de la santé mentale. Nera Chanera Kanyinda a tenu à rappeler que cette question concerne tout le monde puisque nul ne peut se dire avoir une santé mentale en parfait état, d’autant plus que cela peut varier d’une minute à l’autre, en fonction des réalités rencontrées.
Le deuxième panel, animé par Madame Anne Kitoga, a encouragé les jeunes à promouvoir la culture de la paix, de la cohésion et du bien‑vivre ensemble. Actrice dans la promotion et le suivi de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité des Nations Unies, elle a exhorté les jeunes à parler de la paix et des questions de paix partout et dans tout ce qu’ils entreprennent. Pour elle, il faut toujours enseigner la paix, à tous et pour tous.
« En tant que jeune, il faut travailler sur les questions de paix. Que chacun, dans son travail, enseigne aux autres la paix. […] Dénoncer la désinformation, les messages de haine et autres choses qui nuisent à notre pays. » a‑t‑elle dit dans son propos.
Et de renchérir par la conviction de continuer le combat de Miguel Masaisai, non pas en allant au Maroc à vélo mais plutôt en menant des plaidoyers pour la participation des jeunes aux tables de discussion sur la paix. Pas pour une participation passive mais bien au contraire, une participation active et en devenant acteur incontournable.
« Tout le monde doit parler de la paix, de l’unité et du développement durable de la RDC. Il n’y a pas de paix sans développement et pas de développement sans paix. Ils sont interconnectés. La paix est très importante. » a‑t‑elle encore ajouté avec certitude et confiance.
Des prestations artistiques qui ont marqué les esprits
Au cours de cette édition, des prestations artistiques ont offert au public un moment de célébration et de partage, illustrant la vitalité et la diversité de la scène culturelle congolaise. Entre le Rap Citoyen, Rap Gang, la musique urbaine, la rumba et le zouk, des artistes venus de plusieurs coins de Kinshasa ont créé une ambiance que les participants ne sont pas prêts d’oublier.
Dans ce coin de la capitale, les différentes voix prêtées à la 4ᵉ édition ont survolé un registre abordant plusieurs thèmes. Entre amour, mélancolie, vie quotidienne en RDC, histoire politique et histoire personnelle, ces prestations ont été à la hauteur des attentes.
Une édition d’hommage à ceux qui ont écrit l’histoire
La 4ᵉ édition du Festival Karibu RDC 2026 a été dénommée « Édition M.B.A ». Prenant la parole pour en expliquer le sens, Prince Nzangi, initiateur et responsable du Festival depuis 2023, a tenu à rassurer que cela était dû à l’hommage rendu à des figures dont les parcours, les valeurs et l’engagement continuent de nourrir la mémoire collective de la RDC et l’histoire du FEK en particulier.
À l’honneur, cette édition a mis en avant quatre figures, comme pour marquer sa 4ᵉ édition : Monsieur Mandondo Bitono Célestin (Célé) et Monsieur André‑Djim Nzangi Edindali, qui chacun à sa manière a contribué à l’évolution du Festival autour des valeurs de leadership, de guide et de courage.
Ensuite sont venus Monsieur Joseph Mobutu Sese Seko et Monsieur Miguel Masaisai, deux figures qui ont marqué l’histoire du pays par leur patriotisme, leur volonté de voir la paix revenir dans l’Est de la RDC et leur amour du prochain.




Festival Karibu RDC Awards : Des prix et des brevets pour des personnes engagées
Engagées dans la culture, l’art, le développement communautaire, la presse et bien d’autres domaines, une dizaine de jeunes ont reçu des prix et des brevets au cours de la soirée. Sur la longue liste figurent notamment :
- Joyce Buka, Prix Karibu RDC Présentateur et animateur (TV, Radio) de l’année ;
- Ali Kalume Joseph, Prix Karibu RDC du parcours managérial exemplaire ;
- Aristote Mumba, Prix Karibu RDC de la promotion de la jeunesse ;
- Lumière Kapinga, Prix Karibu RDC du leadership féminin communautaire ;
- Rhuta Kapita, Prix Karibu RDC de jeune entrepreneur ;
- Smith Etumba, Prix de l’excellence et du leadership ;
- Et bien d’autres.
Depuis sa création en 2023, le Festival Karibu RDC s’est confié plusieurs missions : promouvoir la culture, l’encadrement, la promotion des jeunes et bien d’autres. Au fil de ses quatre éditions, le Festival se construit et grandit un peu plus chaque jour. Déjà bien installé dans le paysage culturel provincial (Kinshasa), le FEK s’affirme comme un espace de dialogue et de rayonnement, où la culture devient un moteur de cohésion sociale et un vecteur de développement durable.
Les organisateurs ne se reposent pas sur leurs acquis. Ils promettent des améliorations pour les éditions à venir, jusqu’à s’installer dans le paysage culturel national, continental et mondial. Il reste encore « beaucoup à faire et cela n’est pas impossible », comme l’ont si bien fait comprendre les organisateurs, qui donnent rendez‑vous pour l’édition prochaine.