Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a lancé, le 6 octobre dernier à Bruxelles, la campagne internationale « 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité ».

À cette occasion, il a appelé à une rupture historique dans la gouvernance et le système judiciaire en République démocratique du Congo (RDC), afin de mettre fin à l’impunité et de construire une paix durable.Dans sa déclaration, le Dr Mukwege a affirmé que les Congolais ont droit à la justice, à la vérité, aux réparations et à des garanties de non-répétition.
Selon lui, l’urgence ne consiste plus seulement à gérer la crise actuelle, mais aussi à élaborer une stratégie de sortie de crise juste et durable, fondée sur la justice transitionnelle.
« Les millions de morts, de victimes et de survivants congolais ont aussi droit à leur Nuremberg », a-t-il souligné.
Lemera, mémoire d’un massacre fondateurÉvoquant le massacre de Lemera, survenu le 6 octobre 1996 au Sud-Kivu, Denis Mukwege a rappelé que cet événement tragique a marqué le début d’un cycle de violences dont les conséquences persistent trente ans plus tard.
Pour lui, le 6 octobre 2026 doit constituer un tournant historique, une occasion de mettre fin à l’impunité et d’ouvrir une nouvelle ère de justice et de paix en RDC.
« Trente ans de guerre, c’est trente ans de trop. Trente ans d’impunité, c’est trente ans de trop », a déclaré le médecin congolais.
Il a ainsi appelé à tirer les leçons du passé, à rendre justice aux victimes et à bâtir une véritable stratégie de sortie de crise.
« La mémoire de Lemera doit devenir un engagement pour la justice, et la justice doit être le fondement d’une paix véritable et durable », a-t-il ajouté.
Gynécologue congolais mondialement reconnu, Denis Mukwege est surnommé « l’homme qui répare les femmes » pour son engagement en faveur des victimes de violences sexuelles.
Il a reçu le prix Nobel de la paix en 2018 pour son combat contre l’utilisation du viol comme arme de guerre.
Né le 1er mars 1955 à Bukavu, il est également pasteur pentecôtiste et militant des droits humains. En 1999, il a fondé l’hôpital de Panzi, où il a développé un modèle de prise en charge globale des victimes de violences sexuelles, associant soins médicaux, accompagnement psychologique, assistance juridique et réinsertion socio-économique.