Kinshasa: En une journée, Fils Mukoko au cœur d’une tempête politico-judiciaire sans précédent

Le 21 octobre 2026 restera comme une journée charnière dans le parcours de Fils Benoît Mukoko Mudipanu. En l’espace de quelques heures, le responsable a subi une série de revers majeurs: désavoué par son parti, l’UDPS, visé par une enquête judiciaire, suspendu puis révoqué de ses fonctions à la RASKIN, et frappé d’un embargo médiatique de 88 jours par le CSAC.

Tout est parti d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle Fils Mukoko évoquait la distribution d’armes à la population et proférait des menaces contre des ressortissants occidentaux. Des propos qui ont déclenché une onde de choc et une cascade de réactions institutionnelles.

Désaveu politique de l’UDPSDans son communiqué officiel n°013/UDPS/PP/SG/AKT/2026, l’UDPS a fermement condamné toute initiative visant à distribuer des armes en dehors du cadre légal.

Le parti a précisé que Fils Mukoko n’était pas habilité à l’engager dans de telles actions, réaffirmant son attachement à la non-violence et à la lutte politique pacifique.

Une enquête judiciaire ouverte

Le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atundoko Andali, a instruit le Procureur Général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire. Les faits exposés dans la vidéo doivent être examinés afin d’établir les responsabilités, dans le respect de la loi.

Suspension à la RASKIN

Dans une correspondance datée du 21 octobre 2026, le Ministre Provincial de l’Environnement, de la Propreté publique, de l’Embellissement de la ville et de l’Aménagement a annoncé la suspension de Fils Mukoko de ses fonctions de Directeur Général a.i. de la Régie d’Assainissement de Kinshasa (RASKIN).

Le document invoque un manquement grave aux obligations professionnelles et fait explicitement référence au communiqué du Ministre de la Justice annonçant l’ouverture d’une enquête.

Embargo médiatique de 88 jours du CSAC

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a imposé un embargo médiatique de 88 jours à l’encontre de Fils Mukoko, lui interdisant toute prise de parole via les médias, les réseaux sociaux ou tout autre canal de masse. La mesure est motivée par des déclarations jugées susceptibles de troubler l’ordre public et d’inciter à la violence.

Révocation par le Gouverneur

Quelques heures plus tard, le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a enfoncé le clou. Par son arrêté provincial n° SC/0276/CAB/GVK/DBL/2026 du 21 octobre 2026, il a révoqué officiellement Fils Benoît Mukoko Mudipanu de ses fonctions de Directeur Général Adjoint chargé des Questions techniques de la RASKIN.

Une chute brutale en 24 heures

En une seule journée, Fils Mukoko a donc été frappé par cinq décisions lourdes de conséquences: désaveu politique, enquête judiciaire, suspension administrative, embargo médiatique et révocation définitive. Une séquence qui illustre la gravité des propos tenus et leur impact sur son avenir public.

Si la liberté d’expression est garantie par la Constitution, elle ne saurait justifier des menaces ou des appels à des actes attentatoires à l’ordre public.

Il appartient désormais aux autorités compétentes d’établir les responsabilités, dans le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence.

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