UNIKIN : le Chef de Travaux Kalema Lohaka Charles décroche la plus grande distinction avec une étude sur les abus de droit au Sankuru

La salle Professeur Akele Adamu de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a accueilli, ce samedi 26 septembre 2026, la soutenance publique du mémoire de Diplôme d’Études Supérieures (DES/DEA) en droit du Chef de Travaux Kalema Lohaka Charles. Son travail porte sur les « abus de droit au cours de l’instruction préjuridictionnelle dans la province du Sankuru ».

Devant les membres du jury, le récipiendaire a présenté les principaux résultats de ses recherches consacrées aux difficultés d’accès à la justice, à la protection des droits fondamentaux et aux éventuels abus susceptibles de survenir au cours de la phase préjuridictionnelle de la procédure pénale.

Dans son exposé, Kalema Lohaka Charles a expliqué que le choix de ce sujet répond à une préoccupation à la fois scientifique, juridique, sociale et humaine. Son étude relève que les abus de droit ne peuvent être analysés uniquement sous l’angle des comportements individuels. Elle met également en évidence plusieurs facteurs structurels, notamment l’éloignement géographique des juridictions, les difficultés d’accès à l’assistance judiciaire et les limites des mécanismes de contrôle des actes posés au cours de l’instruction préjuridictionnelle.

Selon le chercheur, ces contraintes peuvent affecter directement l’accès effectif des citoyens à la justice, particulièrement pour les personnes disposant de faibles ressources.

L’étude examine également les atteintes susceptibles d’intervenir au cours de l’instruction préjuridictionnelle, une phase qui met notamment en présence le justiciable, les officiers de police judiciaire et le ministère public et qui peut impliquer plusieurs mesures affectant les libertés individuelles.

Le chercheur analyse ainsi les questions liées à l’interpellation, à l’arrestation, à la garde à vue, aux auditions, aux perquisitions et aux saisies, en les mettant en perspective avec les garanties consacrées par la Constitution de la République démocratique du Congo.

Il insiste notamment sur le fait que la recherche de la vérité et la lutte contre la criminalité doivent s’exercer dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine. Son travail s’intéresse également à l’effectivité des mécanismes de recours et aux difficultés rencontrées par les personnes privées de liberté pour dénoncer ou faire sanctionner d’éventuels abus.

Au terme de son analyse, le Chef de Travaux Kalema Lohaka Charles formule plusieurs recommandations visant à renforcer la protection des justiciables et à améliorer le fonctionnement de la justice dans les zones confrontées à des contraintes particulières.

Il préconise notamment un contrôle juridictionnel plus effectif des mesures privatives de liberté, ainsi que le renforcement de la formation des magistrats et des officiers de police judiciaire en matière de droits fondamentaux.

Le travail recommande également un rapprochement des services judiciaires des populations, notamment à travers l’installation effective des tribunaux de paix et des parquets secondaires dans les différents territoires du Sankuru, ainsi que l’amélioration des infrastructures judiciaires.

Le chercheur insiste, en outre, sur le renforcement de l’assistance judiciaire, la présence effective de l’avocat dès les premières étapes de la procédure et l’amélioration des mécanismes de responsabilité disciplinaire et pénale en cas d’abus établis.

« Protéger les droits fondamentaux au cours de l’instruction préjuridictionnelle, ce n’est pas affaiblir la justice. C’est rendre la justice plus forte, la procédure plus légitime et l’autorité publique plus responsable », a déclaré le récipiendaire au terme de sa présentation.

Après la défense du travail et une séance d’échanges au cours de laquelle le candidat a répondu aux questions des membres du jury sur sa méthodologie, ses analyses et ses recommandations, le jury s’est retiré pour délibérer.

À l’issue de cette délibération, le mémoire du Chef de Travaux Kalema Lohaka Charles a été sanctionné par la mention de la plus grande distinction.

Cette soutenance marque ainsi l’aboutissement d’un travail consacré à une problématique sensible de la justice pénale : la conciliation entre l’exercice de l’action publique et la protection effective des libertés individuelles.

À travers son étude consacrée au Sankuru, le récipiendaire met en avant la nécessité d’une justice accessible et respectueuse des droits fondamentaux, particulièrement dans les territoires confrontés à d’importantes contraintes géographiques et institutionnelles.

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