Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI) renforce les mesures de solidarité en faveur des étudiants et du personnel universitaire déplacés de l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans une note circulaire signée le 9 octobre 2026, la ministre Sombo Ayanne Safi Mukuna interdit la double facturation des frais académiques et ordonne la désignation de points focaux dans chaque établissement.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la crise sécuritaire dans l’Est du pays, qui contraint de nombreux étudiants, enseignants et membres du personnel administratif à quitter leurs établissements d’origine.
Dans sa note circulaire adressée aux responsables des établissements publics et privés, la ministre fixe plusieurs directives visant à garantir la continuité des études et à préserver la dignité des personnes déplacées.
Chaque établissement est notamment appelé à désigner un point focal chargé d’accueillir les personnes déplacées, de recenser leurs besoins et d’assurer la liaison avec le ministère.
La perte de documents académiques à la suite d’un déplacement ne devra plus entraîner un rejet automatique. Les parcours des étudiants concernés pourront être vérifiés auprès des services habilités, avec un accompagnement pédagogique si nécessaire.
Sur le plan financier, la ministre précise qu’aucun étudiant déplacé ayant déjà payé ses frais académiques pour l’année en cours dans son établissement d’origine ne peut être contraint de les payer une seconde fois dans son établissement d’accueil. Les justificatifs de paiement devront être pris en compte.
De même, les étudiants concernés seront exonérés des majorations et pénalités directement liées à leur déplacement.
Afin de prévenir les fraudes, toute reconnaissance de paiement devra être motivée, chiffrée et consignée dans un registre, avec des vérifications croisées.
Le ministère insiste également sur la protection des personnes déplacées. Aucun acte de stigmatisation, de menace ou de discrimination lié à leur origine ne sera toléré.
Les enseignants et les membres du personnel administratif déplacés seront également recensés. Leur participation temporaire aux activités d’enseignement et de recherche dans les établissements d’accueil pourra être examinée.
Par ailleurs, la Commission de gestion des conséquences des événements de l’Est est transformée en Comité de crise, sous la coordination du directeur de l’ESURSI.
Cette structure sera chargée de centraliser les informations et d’examiner les cas complexes. Les chefs d’établissement disposent d’un délai de sept jours, à compter de la réception de la circulaire, pour transmettre au ministère les coordonnées de leurs points focaux ainsi qu’un premier état des personnes accueillies et de leurs besoins.
À travers ces mesures, le ministère entend garantir la continuité des activités académiques tout en renforçant la solidarité nationale envers les personnes affectées par la crise sécuritaire dans l’Est du pays.